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Louis Vuitton : une maison de rêve, une standing ovation et l’empreinte indélébile de Virgil Abloh sur la mode masculine

La dernière collection du designer récemment décédé est une ode audacieuse à la liberté et à l’imagination débridée.

Moins de deux mois après le tragique décès de Virgil Abloh, la communauté créative qu’il a inspirée et soutenue est toujours en deuil. Mais, comme on dit, the show must go on…La dernière collection du créateur pour Louis Vuitton a ainsi été dévoilée la semaine dernière, à Paris, au Carreau du Temple, l’espace culturel et sportif où Abloh avait pour habitude d’organiser ses défilés Off-White.

Les étudiants de l’École Duperré, l’école d’art voisine, curieux, se pressaient contre les baies vitrées. Dans la rue, les fidèles fans d’Abloh, vêtus en Louis Vuitton ou Off-White de la tête aux pieds, formaient une fraternité informelle et chaleureuse, à l’image de l’humanité dont le créateur lui-même savait faire preuve à chaque instant. L’espace de quelques minutes, la tristesse a cédé la place à la sérénité.

Parmi le public, beaucoup des amis stars d’Abloh avaient fait le déplacement : Tyler, The Creator, Naomi Campbell, Yasiin Bey (ex Mos Def), Dave Chappelle, J. Balvin, Venus Williams ou Tahar Rahim, pour n’en citer que quelques-uns. La famille Arnault – propriétaire du conglomérat LVMH – était assise aux côtés de Shannon, la veuve de Virgil.

Les Britanniques du Chineke! Orchestra ont interprété la bande originale de l’événement, composée par le rappeur Tyler, The Creator et dirigée par Gustavo Dudamel et Benji B.,

Tandis que les danseurs de Yoann Bourgeois envoûtaient littéralement les spectateurs.Le défilé, sous-titré Louis Dreamhouse (la maison de rêve de Louis), aura été l’apothéose de la carrière de Virgil Abloh, un exposé précis de ses théories, unifiant sa vision et solidifiant son œuvre avec l’aide de son fidèle styliste, Ib Kamara.

“Virgil et moi, et toute l’équipe créative, nous commencions à peine à nous amuser”, a confié Ib Kamara à GQ.

S’amuser, c’est bien de cela dont il s’agit : la collection se joue des conventions, avec une audace que seuls Virgil Abloh et Kamara pouvaient se permettre. Binarité de genres, expressions et identités y sont détournées et retournées sens dessus dessous. La Louis Dreamhouse s’adresse aux kids, à leur imagination pure et sans limites, débarrassée du fardeau des constructions sociétales.

Masculin et féminin fusionnent, les codes volent en éclats : les hommes portent fièrement talons et jupes de tulle, un sac à main à leur bras. Comme si Abloh avait voulu libérer les hommes noirs de leur rapport à la masculinité.

Ailes d’ange en dentelle, tulle, popeline de coton brodée y apparaissent comme autant de manifestations physiques de cette idée de légèreté, de liberté retrouvée.Le défilé s’est achevé sur une standing ovation, tandis que, sur scène, l’équipe et les muses de Virgil Abloh s’inclinaient une dernière fois devant lui. Partout, sur scène comme dans le public, des larmes ont coulé. Un moment de mode en suspension, d’une beauté rare.

Malgré les circonstances, et la disparition tragique d’un créateur de génie, la joie inondait les cœurs. Pourquoi ? Car Virgil Abloh était la voix d’une génération et, à Paris, son esprit demeure, plus vivant que jamais.

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