Avec près de 5 ans de retard, le lancement d’Ariane 6 met l’Europe en lice pour l’accès à l’espace

Le compte à rebours final a commencé : avec plus de quatre ans de retard, la fusée Ariane 6 s’apprête à décoller pour la première fois ce mardi (9) au-dessus des jungles de Guyane française, emportant avec elle les espoirs de l’Europe de retrouver un accès autonome à l’espace sidéral.

Ce devrait être un grand jour pour la fusée Ariane 6. Ce mardi soir, l’Europe sera à nouveau en compétition pour son propre accès à l’espace avec le décollage d’un avion, avec entre quatre et cinq ans de retard, selon les prévisions initiales.

A 15h00 (heure locale et même heure à Brasilia), les deux propulseurs et le moteur de l’étage principal seront activés pour le décollage. Dans le cas où une anomalie serait détectée jusqu’au dernier moment, ou en cas de conditions météorologiques imprévisibles, une fenêtre de lancement de quatre heures sera prévue.

A l’aube, au Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou, le portique mobile, vaste cathédrale qui abrite la fusée, a été déplacé de 100 mètres, laissant apparaître le mastodonte de 56 mètres sur son pas de tir.

Puis, à 10 heures locales, commence le remplissage des réservoirs en ergols, l’oxygène et l’hydrogène liquides qui alimentent le moteur Vulcain.

Désormais, toute anomalie nécessitant une intervention physique obligerait à vider les réservoirs, entraînant un report du lancement de 48 heures, explique Jean-Michel Rizzi, responsable de la plateforme de lancement Ariane 6 pour l’Agence spatiale européenne (ESA). ).

Enfermés dans le bunker du centre de lancement, sorte de cockpit de la fusée, plus de 200 experts examinent le lanceur jusqu’à ce qu’il quitte le sol, prêts à arrêter le compte à rebours et à résoudre les éventuels problèmes, explique-t-il.

Le centre de lancement est en contact permanent avec la salle Jupiter, la tour de contrôle où sont centralisées toutes les données de télémétrie (les données envoyées par la fusée à chaque instant), les informations de suivi radar et de communication, ainsi que le contact avec les forces armées déployées dans de grandes zones. numéros pour assurer la sécurité du lancement.

Trois avions de combat Rafale ont été envoyés pour dissuader tout avion curieux.

Risque
Conçue en 2014, Ariane 6 sera capable de placer des satellites en orbite, à 36 000 kilomètres d’altitude, comme son prédécesseur Ariane 5, en plus de placer des constellations en orbite à quelques centaines de kilomètres de la Terre.

La fusée a été « qualifiée » au sol après plusieurs tests. “On a fait tellement de fois (de lancement) qu’on pense que c’est une routine, sauf que cette fois c’est le vrai, ça va décoller”, a déclaré Franck Saingou, directeur adjoint du vol inaugural.

Historiquement, près de la moitié des premiers lancements de fusées ont été des échecs. Pourtant, en 1996, la première Ariane 5 n’a raté que deux fois en 117 tirs.

“C’est le premier vol, il y a une part de risque, mais nous avons essayé de la réduire au maximum, donc nous sommes confiants”, déclare Philippe Baptiste, PDG du Cnes, l’agence spatiale française.

“Nous pourrons pousser un soupir de soulagement lorsque nous lancerons les premiers satellites”, calcule Tony Dos Santos, chef de mission à l’ESA, une heure et six minutes après le décollage.

Le vol sera considéré comme une totale réussite avec la rentrée réussie de l’étage supérieur dans l’océan Pacifique à la fin de la mission, après un troisième rallumage du moteur Vinci, innovation clé de la fusée.

Ce vol réussi marquera le « retour » de l’Europe sur la scène spatiale, selon Toni Tolker-Nielsen, responsable du transport spatial à l’ESA. Depuis le dernier vol d’Ariane 5 il y a un an, les Européens ne peuvent plus lancer seuls un satellite en orbite : depuis l’invasion de l’Ukraine, ils n’ont plus accès au lanceur moyen russe Soyouz, ni à la fusée Vega-C. est cloué au sol depuis fin 2022 après un accident.

Il faudra cependant, selon lui, augmenter le nombre de vols, avec un autre prévu pour la fin de l’année, six prévus pour 2025, et huit l’année suivante.

Pour son vol inaugural, Ariane 6 transportera 17 “passagers” : 11 microsatellites universitaires, plusieurs expériences et deux capsules de rentrée atmosphérique, qui prépareront le cargo spatial que les Européens souhaitent ravitailler les stations spatiales.

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